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2 (1861)
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REISEBILDF.R.

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jaillissait sur le ciel blême et sur les étoiles noires. Etl'on entendait ru f ,ir, siffler, craquer comme si le mondeallait sécrouler, et le moine jouait du violon avec uneopiniâtreté croissante. Il voulait, par la force de sa vo-lonté frénétique, briser les sept sceaux desquels Salomonscella les vases de fer il renferma les démons vaincus.Le sage roi engloutit jadis ces vases dans la mer. Pen-dant que Paganini jouait, je crus entendre la voix deces mêmes esprits emprisonnés, qui mêlaient au son duviolon leur basse la plus furieuse. Mais il me sembladistinguer à la fin lallégresse de la délivrance, et je vissortir des vagues sanglantes les têtes des démons libé-rés, tous monstres dune laideur fabuleuse: des croco-diles à ailes de chauve-souris, des serpents avec des boisde cerf, des singes coiffés de coquillages, des phoquesavec de longues barbes patriarcales, des figures defemmes avec des mamelles à la place des joues, destêtes de chameaux verts, des hermaphrodites marins decombinaisons incompréhensibles, tous lançant des re-gards dune intelligence glaciale, et allongeant vers lemoine musicien de longues nageoires crochues... Celui-ci, dans son fol emportement dévocation, laissa tomberson capuchon, et sa chevelure flottante au vent entourasa tête comme de noirs serpents.

Cette apparition troublait tellement mes sens, que jeme bouchai les oreilles et fermai les yeux pour ne pasperdre, la raison. Tons les spectres disparurent à lin-stant, et quand je relevai les yeux, je vis le pauvre-