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ŒUVRES 1)E HENRI HEINE.
le capuchon, les reins ceints d’une corde, les pieds nus,cette figure solitaire et orgueilleuse se tenait sur un pro- ^
montoire de roches, au bord de la mer, et jouait du vio- pifi*
Ion. C’était, à ce qu’il me semblait, au moment du cré-puscule. Les lueurs pourprées du soir s’épandaient surles flots lointains de la mer, qui se coloraient d’uneteinte toujours plus rouge, et roulaient avec un mur-mure plus solennel, et ce murmure s’accordait avec lessons du violon. Mais plus la mer rougissait, plus le ciel .
devenait blafard, et quand enfin les flots agités furent * ^
arrivés à la couleur du sang le plus vermeil, le ciel avait . j
pris une pâleur cadavéreuse, une blancheur de spectre,
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et les étoiles y perçaient avec un développement mena-
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çant... et ces étoiles étaient noires, d’un noir étincelant
comme le charbon de terre. Cependant les sons du vio-
Ion devenaient toujours plus hardis et plus impétueux;
dans les yeux du violoniste brillait une railleuse soif de
destruction, et ses lèvres minces se remuaient avec une
si horrible vivacité, qu’il avait l’air de murmurer ces
anciennes formules magiques qui servaient jadis à évo-
quer la tempête et à déchaîner les mauvais esprits et les
démons captifs au fond de la mer. Quand parfois, sor- ‘•'■«sa
tant son bras nu, son long bras desséché, de l’ample -tasaaj
manche du froc, il fouettait l’air avec son archet, il de- *9514,
venait un véritable magicien qui commande aux élé-
ments avec sa baguette, et l’on entendait des hurlements
insensés retentir sous l’abîme, et les vagues sanglantes *4^
bondissaient à une telle hauteur, que leur rouge écume
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