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2 (1861)
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ŒUVRES 1)E HENRI HEINE.

le capuchon, les reins ceints dune corde, les pieds nus,cette figure solitaire et orgueilleuse se tenait sur un pro- ^

montoire de roches, au bord de la mer, et jouait du vio- pifi*

Ion. Cétait, à ce quil me semblait, au moment du cré-puscule. Les lueurs pourprées du soir sépandaient surles flots lointains de la mer, qui se coloraient duneteinte toujours plus rouge, et roulaient avec un mur-mure plus solennel, et ce murmure saccordait avec lessons du violon. Mais plus la mer rougissait, plus le ciel .

devenait blafard, et quand enfin les flots agités furent * ^

arrivés à la couleur du sang le plus vermeil, le ciel avait . j

pris une pâleur cadavéreuse, une blancheur de spectre,

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et les étoiles y perçaient avec un développement mena-

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çant... et ces étoiles étaient noires, dun noir étincelant

comme le charbon de terre. Cependant les sons du vio-

Ion devenaient toujours plus hardis et plus impétueux;

dans les yeux du violoniste brillait une railleuse soif de

destruction, et ses lèvres minces se remuaient avec une

si horrible vivacité, quil avait lair de murmurer ces

anciennes formules magiques qui servaient jadis à évo-

quer la tempête et à déchaîner les mauvais esprits et les

démons captifs au fond de la mer. Quand parfois, sor-'«sa

tant son bras nu, son long bras desséché, de lample -tasaaj

manche du froc, il fouettait lair avec son archet, il de- *9514,

venait un véritable magicien qui commande aux élé-

ments avec sa baguette, et lon entendait des hurlements

insensés retentir sous labîme, et les vagues sanglantes *4^

bondissaient à une telle hauteur, que leur rouge écume

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