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2 (1861)
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RE ISEBILDER. 325

ni consolation ni espérance. Quand les saints du cielentendent de tels sons, la louange de Dieu meurt surleurs lèvres pâlissantes, et ils voilent en pleurant leursfaces éplorées. Quelquefois, quand le rire de bouc obli-gato chevrotait à travers ces tortures mélodiques, jevoyais au fond de la scène une foule de petites femmesqui balançaient avec une joie cruelle leurs laidesfigures, et exprimaient leur malice en raclant leursdoigts croisés. Des vibrations dangoisses sortaient alorsdu violon, avec des soupirs déchirants et des sanglotscomme on nen a jamais entendu sur la terre, et commeon nen entendra peut-être jamais de pareils, si ce nestdans la vallée de Josaphat, quand sonneront les gigan-tesques trombones du grand jugement, que les cadavressortiront de leurs tombes et attendront leur sort... Maisle violoniste poussa soudain un grand coup darchet, uncoup de délire et de désespoir tel, que ses chaînes sebrisèrent avec fracas, et que son infernal auxiliaire dis-parut, ainsi que les railleuses sorcières.

En ce moment, mon voisin, le courtier fourreur,sécria : « Quel dommage ! sa chanterelle vient de casser.Cela vient de son continuel pizzicato ! »

Une corde sétait-elle réellement cassée à son violon?Je ne sais. Jétais tout entier à la transformation dessons, et Paganini mapparut de nouveau changé com-plètement ainsi que son entourage. Je pus à peine lereconnaître sous un sombre froc de moine qui le revêtaitmoins quil ne le cachait. La tête à moitié perdue dansu,

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