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2 (1861)
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REISEBILDER.

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bouderie agaçante, puis se rejoignaient et senlaçaient,enfin mouraient dans un enivrant unisson. Oui, tousces sons se livraient à des jeux charmants, comme despapillons qui se poursuivent, sévitent, se cachent der-rière une fleur, se retrouvent et senchaînant dans unbonheur aérien , se perdent dans la lumière du soleil.Mais une araignée, une hideuse araignée peut soudainpréparer un sort tragique à ces papillons amoureux. Lejeune cœur avait-il de semblables pressentiments? unemélodie plaintive et touchante, comme le pressentimentdune infortune prochaine, glissa doucement parmi leschants qui jaillissaient du violon de Paganini... Sesyeux deviennent humides... Il sagenouille avec dévo-tion devant son amata... Mais, hélas! pendant quil secourbe pour baiser ses pieds, il aperçoit sous le lit unpetit abbate ! Je ne sais ce quil pouvait avoir contre cepauvre homme, mais le Génois devint pâle comme lamort, il saisit le pauvret avec des mains crispées derage, lui donna des soufflets, ainsi que bon nombre decoups de pied, le jeta ensuite à la porte, puis tira de sapoche un long stylet et le plongea dans le sein de lajeune beauté...

Mais en ce moment la salle retentit de bravos. La po-pulation mâle et femelle de Hambourg payait un bruyanttribut denthousiasme au grand artiste qui venait de finirla première partie de son concerto, et s inclinait avecun surcroît dangles et de courbes. Il me sembla voir sursa figure une expression dhnmilité plus suppliante