REISEBILDER.
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ou d’un chien? Ce regard suppliant est-il celui d’un êtrefrappé à mort, ou sert-il de masque à l’ironie d’un avare?Est-ce un vivant qui va s’éteindre, et qui, dans l’arène del’art, se prépare, comme un gladiateur mourant, à récréerle public par ses dernières convulsions? Est-ce un mortsorti du tombeau, violon-vampire, qui vient sucer, sinonle sang de notre cœur, du moins l’argent de notre poche?
Toutes ces questions se croisaient dans notre têtependant que Paganini faisait ses interminables poli-tesses; mais toutes ces pensées se turent quand le mer-veilleux virtuose plaça son violon sous son menton etcommença à jouer. En ce qui me touche, vous connais-sez déjà ma seconde vue musicale, ma faculté d’aper-cevoir, à chaque son que j’entends, la figure corrélative.Il arriva donc que Paganini fit passer devant mes yeux,avec chaque coup d’archet, des figures visibles et dessituations, qu’il me raconta en images sonores toutessortes de curieuses histoires, où lui-même, avec sa mu-sique , jouait le principal personnage. Les coulissess’étaient métamorphosées dès le premier coup d’archet.Il m’apparut avec son pupitre dans une chambre claire,et décorée, dans un plaisant désordre, avec des meublesde rocailles dans le goût Pompadour. Partout de petitesglaces, partout de petits amours, des porcelaines chi-noises, un délicieux chaos de rubans, de guirlandes defleurs, de gants blancs, de blondes déchirées, ue faussesperles, de diadèmes de chrysocale et autres oripauxdivins qu’on trouve ordinairement dans le cabinet