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2 (1861)
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REISEBILDER.

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a Ne semble-t-il pas, dit-il, qu’il porte encore les fersaux jambes? Il s’est habitué pour toujours à cette dé-marche. Voyez aussi avec quelle méprisante ironie ilregarde parfois son compagnon, quand celui-ci l'im-portune de son caquet prosaïque. Il ne peut cependantse passer de lui ; un contrat sanglant le lie à ce servi-teur, qui n est autre que Satan. Le peuple ignorant croitcertainement que ce compagnon est M. George Harrys,le faiseur de comédies et d’anecdotes de Hanovre, quePaganini a emmené avec lui dans ses voyages pourprendre soin de la partie pécuniaire dans lès concerts.Le peuple ne sait pas que le diable n’a pris à M. GeorgeHarrys que sa ligure, et que la pauvre âme de ce pauvrehomme demeure, pendant ce temps, enfermée avecd’autres guenilles dans une armoire de sa maison, àHanovre, jusqu’à ce que le diable lui rende son enve-loppe charnelle, en se décidant peut-être à accompagnerpar le monde son maître Paganini, sous une forme plusdigne, en caniche noir par exemple. »

Si Paganini, en plein jour, sous les arbres verts duJungfernsteg de Hambourg, m’avait déjà paru passable-ment fantastique et fabuleux, combien fus-je saisi lesoir, au concert, par cet aspect bizarre et sinistre! Lasalle de la comédie de Hambourg était le théâtre decette solennité, et le public amateur s’y était rassembléde si bonne heure et en si grand nombre, que je pus, àgrand’peine, enlever une petite place à l’orchestre.Quoique ce fût jour de poste, j’y aperçus aux premières