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2 (1861)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

quelque petit singe d’abbé, fut peut-être trompé, poi-gnarda en bon Italien son amante infulè'e, fut envoyéaux galères à Gênes, et, comme je vous l’ai dit, finit parse donner au diable pour devenir libre d’abord, puis lemeilleur violoniste de l’Europe, et enfin pour pouvoirimposer ce soir à chacun de nous une contributiou de2 thalers, Mais voyez-vous ! tous l^s bons esprits louentle Seigneur! Tenez! le voilà lui-même qui vient là-basdans l’allée avec son équivoque Famu/us! »

En effet, c’était Paganini en personne que je reconnusaussiiôt. Il portait une redingote gris foncé qui lui tom-bait jusqu’aux talons, ce qui faisait paraître sa taille très-haute. Sa longue chevelure sombre descendait sur sesépaules en mèches tordues, et y formait une sorte decadre noir autour de sa figure pâle et cadavéreuse où lechagrin, le génie et l’enfer avaient imprimé leurs ineffa-çables stigmates. Près de lui sautillait une petite figurebien portante et nettement prosaïque, visage rose ridé,habit gris clair à boutons d’acier, saluant de tous côtésavec une gracieuseté insoutenable, quoique d’ailleurs ilsemblât jeter parfois des regards louches et inquiets surcette ténébreuse figure qui marchait d’un air sérieux etpensif à ses côtes. On croyait voir la gravure où Retscha représente Faust se promenant avec Wagner devantles ptories de Leipzig. Le peintre sourd me lit à sa ma-nière un commentaire bouffon sur ces deux personnages,et appela particulièrement mon attention sur la dé-marche compassée et allongée de Paganini.