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2 (1861)
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REISEBILDER.

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qu’il la comprenait quand il se trouvait, assez près del’orchestre pour lire sur la figure des musiciens, etjuger, d’après le mouvement de leurs doigts, le plus oumoins de mérite de l’exécution. Il faisait aussi la critiquedes opéras dans un journal estimé à Hambourg. Qu’ya-t-il là d’étonnant? le peintre sourd pouvait voir lessons dans la forme visible du jeu. Il y a bien des hommespour lesquels les sons eux-mêmes ne sont que des formesinvisibles dans lesquelles ils entendent les figures et. lescouleurs.

— Et vous êtes un de ces hommes ! dit Maria.

— Je regrette de ne plus posséder le petit dessinde Lyser : il vous aurait peut-être donné une idée del’extérieur de Paganini. Des traits noirs crûment arrêtéspouvaient seuls saisir cette physionomie fabuleuse quisemblait appartenir plutôt au royaume sulfureux desombres qu’au monde lumineux des vivants. « En vérité,le diable m’a conduit la main, » me répétait le peintresourd devant le pavillon de l’Alster, à Hambourg, lejour même où Paganini donna son premier concert.« Oui, mon ami, continua-t-il, le monde soutient unezhose vraie en disant que Paganini- s’est donné corps etâme au diable pour devenir le meilleur violoniste del’Europe, gagner des millions à la pointe de son archet,et enfin pour se libérer des galères où il a déjà languibien des années. Car voyez-vous, mon ami, quand ilétait maître de chapelle à Lucques, il devint amoureuxd’une princesse de théâtre, prit de la jalousie contre