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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
parce que le blafard et vieux Paganini a toujours' eul’air d’uu mourant; mais celle du jeune et frais Bellinime parut incroyable, et pourtant la nouvelle de la mortdu premier n’était qu’une erreur de gazette. Paganini setrouve sain et dispos à Gènes, et Bellini gît dans la tombeà Paris!
— Aimez-vous Paganini? dit Maria.
— Cet homme, dit Maximilien, est l’ornement de sapatrie, et mérite sans doute la mention la plus dis-tinguée quand on veut parler des notabilités musicalesd’Italie.
— Je ne l’ai jamais vu, reprit Maria; mais, selon larenommée, son extérieur ne satisfait pas complètementle sentiment du beau. J’ai vu des portraits de lui...
— Dont aucun n’est ressemblant, dit, en l’interrom-pant, Maximilien. On l’a enlaidi ou embelli, mais sansjamais rendre son véritable caractère. Je crois qu’unseul homme a réussi à retracer sur le papier la véritablephysionomie de Paganini. C’est un peintre sourd et fou,nommé Lyser, qui, dans sa spirituelle folie, a si biensaisi en quelques coups de crayon la tête de Paganini,que la vérité du dessin vous fait rire et vous effraie toutà la fois. « Le diable m’a conduit la main, » me disaitle pauvre peintre sourd en ricanant en dessous, et ho-chant la tète avec une bonhomie ironique, comme ilavait coutume de faire à propos de ses charges. Cepeintre fut toujours un singulier-original. En dépit de sasurdité, il était enthousiaste de musique, et il paraît