REISEBILDER.
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bouche humaine. Cette figure ne me sort pas de la mé-moire. C’était un de ces visages qui semblent appartenirau domaine des rêves poétiques plus qu’à la grossièreréalité de la vie. Des contours qui rappellent Léonardde Vinci, ce noble ovale avec les naïves fossettes desjoues et le sentimental menton pointu de l’école lom-barde. La couleur avait plutôt la douceur romaine,l’éclat mat de la perle,une pâleur distinguée, la mor-bidezza. Enfin, c’était une figure comme on ne peut latrouver que dans quelque vieux portrait italien qui re-présente une de ces grandes dames dont les artistes ita-liens du xvi' siècle étaient amoureux quand ils créaientleurs chefs : d’œuvre, et auxquelles pensaient les hérosallemands et français quand ils ceignaient le glaive etpassaient les Alpes... Oh! oui, c’était une figure decette famille qu’animait uh sourire de la malice la plusdouce et de l’espièglerie du meilleur goût, pendant quela belle dame détruisait avec le jonc d'Espaghe lablonde frisure du bon Bellini. En ce moment, Bellinime parut comme touché d’une baguette magique. Lesourire de sa belle compatriote avait jeté un reflet idéalsur son visage; il était comme transfiguré par l’éclatdivin de ce sourire. — Dans ce moment il devint pourmoi un être sympathique — je l’aimais... Hélas! quinzejours après, je lus dans les journaux que l’Italie avaitperdu l’un de ses fils les plus glorieux !
Chose bizarre ! on annonça en même temps la mortde Pagaaini. Je ne doutai pas un instant de celte mort,