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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
que-là, je me souviens du moment où Bellini m’apparutsous un jour si aimable, que je l’observai avec plaisir,et me promis de faire avec lui connaissance plus in-time. Mais ce fut, hélas! notre dernière entrevue danscette vie. C’était un soir que nous avions dîné ensemblechez notre ami le conseiller Jaubert; nous étions de fortbonne humeur, et les douces mélodies résonnaient aupiano... La maîtresse de la maison, la jolie petite fée,était, plus que jamais, rayonnante d’esprit et de gaieté...Je le vois encore, le bon Bellini, tout épuisé de cettemasse d’amusants bellinismes qu’il avait débités, s'as-seoir sur un siège... Ce siège était très-bas, aussi basqu’un escabeau, de sorte que Bellini était presqueassis aux pieds d’une belle Italienne qui s’était étenduesur un sofa en face de lui. Elle le regardait avec unedouce malice pendant qu’il travaillait à l’amuser parquelques phrases françaises; travail qui l’obligeait tou-jours à commenter dans son jargon sicilien ce qu’ilvenait de dire pour prouver qu’il n’avait pas dit de sot-tise, mais au contraire, fait un compliment délicat. Jecrois que la bellissitria principrssa n’écoutait pasbeaucoup les propos de Bellini. Elle lui avait pris desmains son jonc d'Espagne dont il voulait appuyer par-fois sa faible rhétorique, et elle s’en servait pour dé-molir fort tranquillement l’élégant édifice de frisure surles tempes du jeune maestro. C’était cette rnal gne oc-cupation qui appelait sur les lèvres de la belle dame unsourire comme je n’en ai jamais vu à aucune autre