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2 (1861)
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311
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REISEBILDER.

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comme l’époque la plus pernicieuse pour le génie. Quede fois j’ai plaisanté et taquiné à ce sujet le pauvre Bel-lini, en lui prédisant qu’en sa qualité de génie, il devaitmourir bientôt, parce qu’il atteignait l'âge critique!Chose étrange! malgré notre ton de gaieté, cette pro-phétie lui faisait éprouver un trouble involontaire: ilm’appelait son jetlatore, et ne manquait jamais de fairele signe conjurateur... Il avait tant envie de vivre! Lemot de mort excitait en lui un délire d’aversion : il nevoulait pas entendre parler de mourir; il en avaitpeur comme un enfant qui craint de dormir dans l’obs-curité... C’était un bon et aimable enfant, un peu suffi-sant parfois; mais on n’avait qu’à le menacer de samort prochaine pour lui rendre une voix modeste etsuppliante, et lui faire faire, avec deux doigts élevés,le signe conjurateur du jetlatore... Pauvre Bellini !

— Vous l’avez donc connu personnellement? Était-ilbien?

— Il n’était pas laid. Nous autres hommes, nous nepouvons guère plus que vous répondre affirmativementà une pareille question sur quelqu’un de notre sexe.C’était un être svelte et élancé, ayant des mouvementsgracieux et presque coquets, toujours tiré à quatreépingles; figure régulière, allongée, rosâtre; cheveuxblond-clair presque dorés, frisés à boucles légères;front noble, élevé, très-élevé ; nez droit; yeux pâles etbleus; bouche bien proportionnée; menton rond. Sestraits avaient quelque chose de vague et sans caractère,