ŒUVRES DE HENRI HEINE.
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vent que nous ne nous parlions pas, mais que nousconfondions nos regards et demeurions des éternitésplongés dans cette extatique contemplation... Commentvint le réveil? je ne saurais le dire, mais je vécus long-temps sur les arrière-délices de cet amour. Longtempsje restai comme abreuvé de joies inouïes; mon âmesemblait plongée dans une langoureuse et profondebéatitude; un contentement inconnu vivifiait mutes messensations et je me maintins heureux et satisfait, quoi-que ma bien-aimée ne m’apparût plus depuis dans messonges. Mais n’avais-je pas puisé dans son regard uneéternité de bonheur? Elle me connaissait aussi trop bienpour ignorer que je n’aime pas les répétitions.
— Vraiment, s’écria Maria, vous êtes un homme àbonnes fortunes... Mais, dites-moi, mademoiselle Lau-rence était-elle statue de marbre ou toile peinte? morteou songe?
— Peut-être tout cela ensemble, répondit très-sérieu-sement Maximilien.
— Je pourrais me figurer, cher ami, que cette maî-tresse devait être d’une substance fort douteuse- Etquand me raconterez-vous cette histoire ?
— Demain. Elle est longue et je suis fatigué aujour-d’hui. Je viens de l’Opéra; j’ai encore trop de musiquedans les oreilles.
— Vous fréquentez maintenant beaucoup l’Opéra, etje crois, Max, que vous y allez plus pour voir que pourentendre.
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