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et contre lesquelles nous nous salissons assez souvent.Oui, c’était en songe que je la voyais, cette charmantecréature qui m’a rendu le plus heureux des hommes. J’aipeu de choses à dire sur son extérieur. Je ne suis pointa même de détailler les traits de son visage; c’était unefigure que je n’avais jamais vue auparavant et que jen’ai jamais revue dans la vie. Je me rappelle seulementqu’elle n’était point blanche ni rose, mais d’une seulecouleur, d’une blancheur jaunâtre, et transparentecomme l’ambre. Le charme de cette figure ne résidait,ni dans une parfaite régularité de traits, ni dans uneintéressante mobilité. Ce qui la distinguait, était un ca-ractère de sincérité séduisante, ravissante, presqueeffrayante; c’était une figure pleine d’amour conscien-cieux et de sainte bonté; c’était plutôt une âme qu’unefigure : c’est pourquoi je ne pus jamais la fixer complè-tement dans mon souvenir. Les yeux étaient douxcomme des fleurs, les lèvres un peu blafardes, mais decourbe gracieuse; elle portait un peignoir de soie cou-leur barbeau; c’était là tout son vêtement. Ses piedset son cou étaient nus, et à travers ce voile souple etfin se trahissait quelquefois, comme à la dérobée, lasvelte délicatesse des membres. Quant aux discours quenous tenions ensemble, je ne suis guère plus en état deles reproduire; je sais seulement que nous nous fian-çâmes, et que nos caresses étaient sereines et heu-reuses, ingénues et intimes comme celles de fiances,des caresses presque fraternelles. Il arriva même sou-