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304 ŒUVRES DE HENRI HEINE.
semblables aux anges, des jeunes filles douces comme
des glaces à la vanille.
— .le vous en prie, s’écria Maria, ne dites point demal des iemmes. Ce sont des façons de parler rebattues,propres aux hommes. Mais à la fin, pour être heureux,vous avez pourtant besoin des femmes.
— Oh ! dit Maximilien avec un soupir, je ne le niepoint. Mais les femmes n’ont, hélas! qu’une seule ma-nière de nous rendre heureux, tandis qu’elles en con-naissent trente mille de faire notre malheur.
— Cher ami, répliqua Maria en comprimant un légersourire, je parle de l’accord de deux âmes animées desmêmes sentiments. N’avez-vous jamais connu cette féli-cité?... Mais je vois courir sur vos joues une rougeurinaccoutumée... Dites donc, Max?
— Il est vrai, reprit Maximilien, j’éprouve presque unembarras d’enfant à vous avouer l’amour qui jadis m’acomblé de bonheur! Ce souvenir n’est point encoreévanoui, et c’est sous ses frais ombrages que mon âmese réfugie souvent encore quand la poussière brûlanteet la chaleur de la vie journalière deviennent insuppor-tables. Mais je ne suis point en état de vous donner unejuste idée de cette maîtresse ; elle était d’une nature siéthérée, qu’elle ne put se révéler à moi qu'en rêve. Jepense, Maria, que vous n’avez contre les rêves aucunpréjuge banal; ces apparitions nocturnes ont certaine-mentfiutant de réalité que les apparitions plus gros-sière^du jour, que nous pouvons toucher de 5a main,
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