Druckschrift 
2 (1861)
Entstehung
Seite
301
Einzelbild herunterladen
 

REISEBILDER.

301

ébranlement de tendresse excessif. Je néprouvai pas,non plus, une commotion trop violente quand jappris,quelques mois après, quelle était morte dune fièvrenerveuse. Je loubliai complètement, et suis certaindêtre resté des années sans avoir pensé à elle une seulefois. Sept grandes années sétaient écoulées, et je metrouvais à Potsdam pour y jouir dun bel été dans unesolitude paisible. Je ny fréquentais pas une âme, etnavais de relations quavec les statues du jardin deSans-Souci. Il arriva un jour que ma mémoire me re-présenta quelques traits dune figure, et une singulièreamabilité dans le langage.et dans les manières, sansque je pusse me rappeler à quelle personne je les devaisrapporter. Rien ne tourmente plus que de chercher ainsià tâtons dans de vieux souvenirs. Aussi, fus-je agréable-ment surpris quand , au bout de quelques jours, je mesouvins de la petite Véry, et je maperçus que cetteimage aimable et oubliée qui revenait troubler monimagination, était justement la sienne. Oh! certes, jeme réjouis de cette découverte comme un homme quiretrouve, dans un moment inespéré, son ami le plusintime. Les couleurs effacées se ravivèrent, et la char-mante petite personne apparut de nouveau à mon es-prit, rieuse, spirituelle, boudeuse, et surtout plus belleque jamais. Depuis lors, cette douce image ne voulutplus me quitter, elle remplit toute mon âme. En quelqueendroit que je me tinsse, ou que jallasse, elle se tenaitou marchait à ,r :, 3 côtés, parlait avec moi, riait avec