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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
Dieu le Père, chose très-pardonnable dans la fausseposition où je me trouvais vis-à-vis de lui. Pour le Fils,au contraire, j’éprouvais un penchant bienveillant etpresque paternel. T’aimais son caractère noble et en-thousiaste. Qu’il se fût sacrifié avec tant de désintéres-sement pour le salut de l’hyrnanité, je ne pouvais sansdoute l’approuver tout à fait, à cause de la grande dou-leur que cela fit à sa mère. Je m’intéressai pendant cetemps à toute la sainte famille, et je tirais mon chapeauavec un grand empressement quand je passais devantune image de saint Joseph. Mais cet état ne dura paslongtemps, et je quittai presque sans ceremonie la sainteVierge, quand j’eus fait dans le musée de Cassel la ren-contre d’une nymphe grecque qui me retint longtempscaptif dans ses chaînes de marbre.
— Et n’avez-vous donc aimé jamais que des femmessculptées ou peintes? dit en ricanant Maria.
— Oh ! j’aime aussi des femmes mortes, réponditMaximilien sur les traits duquel se répandit un grandsérieux. Sans remarquer qu’à ces mots Maria tressaillitd’effroi, il continua tranquillement en ces termes.
— Oui, cela est vraiment singulier, mais j’ai aiméune fois une jeune tille qui était morte depuis sept ans.Quand je connus la petite Véry, elle me plut extraordi-nairement. Pendant trois jours, je m’occupai de cettejeune personne, et je trouvai grand plaisir à tout cequ’elle faisait et disait, à tous les actes de ce charmantpetit être, sans pourtant que mon âme en ressentît un