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2 (1861)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

Dieu le Père, chose très-pardonnable dans la fausseposition je me trouvais vis-à-vis de lui. Pour le Fils,au contraire, jéprouvais un penchant bienveillant etpresque paternel. Taimais son caractère noble et en-thousiaste. Quil se fût sacrifié avec tant de désintéres-sement pour le salut de lhyrnanité, je ne pouvais sansdoute lapprouver tout à fait, à cause de la grande dou-leur que cela fit à sa mère. Je mintéressai pendant cetemps à toute la sainte famille, et je tirais mon chapeauavec un grand empressement quand je passais devantune image de saint Joseph. Mais cet état ne dura paslongtemps, et je quittai presque sans ceremonie la sainteVierge, quand jeus fait dans le musée de Cassel la ren-contre dune nymphe grecque qui me retint longtempscaptif dans ses chaînes de marbre.

Et navez-vous donc aimé jamais que des femmessculptées ou peintes? dit en ricanant Maria.

Oh ! jaime aussi des femmes mortes, réponditMaximilien sur les traits duquel se répandit un grandsérieux. Sans remarquer quà ces mots Maria tressaillitdeffroi, il continua tranquillement en ces termes.

Oui, cela est vraiment singulier, mais jai aiméune fois une jeune tille qui était morte depuis sept ans.Quand je connus la petite Véry, elle me plut extraordi-nairement. Pendant trois jours, je moccupai de cettejeune personne, et je trouvai grand plaisir à tout cequelle faisait et disait, à tous les actes de ce charmantpetit être, sans pourtant que mon âme en ressentît un