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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
mon âme quand le froid enivrant de ces lèvres demarbre toucha ma bouche. Et voyez-vous, Maria, aumoment où je suis arrivé devant vous, et vous ai vue,dans votre vêtement blanc, étendue sur ce sofa vert,vous m’avez rappelé la blanche statue de marbre cou-chée sur le gazoïi. Si vous eussiez dormi plus longtemps,mes lèvres n’auraient pu résister...
— Max ! Max ! s’écria la jeune femme du plus profondde son âme, c’est affreux! vous savez qu’un baiser devotre bouche...
— Assez ! je vous prie. Je sais que pour vous ce se-rait quelque chose d’horrible ! Ne me regardez seule-ment pas avec cet air suppliant. Je n’ai pas mal inter-prété vos sentiments, quoique la cause dernière m’enreste cachée. Je n’ai jamais osé imprimer mes lèvres survotre bouche...
Mais Maria ne me laissa pas achever; elle avait saisima main, et la couvrit des baisers les plus vifs, puis elleajouta en riant: « Je vous en supplie, racontez-moiencore quelque chose de vos amours. Combien detemps avez-vous aimé cette belle de marbre que vousavez embrassée dans le jardin féodal de votre mère? »
— Nous repartîmes le jour suivant, et je ne l’ai plusrevue depuis, reprit Maximilien; mais elle occupa bienmon cœur pendant quatre années. Depuis ce moment,une étonnante passion pour les statues de marbre s’estdéveloppée dans mon âme; et, ce matin encore, j’en airessenti l’irrésistible puissance. Revenant de la Lauren-