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2 (1861)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

mon âme quand le froid enivrant de ces lèvres demarbre toucha ma bouche. Et voyez-vous, Maria, aumoment je suis arrivé devant vous, et vous ai vue,dans votre vêtement blanc, étendue sur ce sofa vert,vous mavez rappelé la blanche statue de marbre cou-chée sur le gazoïi. Si vous eussiez dormi plus longtemps,mes lèvres nauraient pu résister...

Max ! Max ! sécria la jeune femme du plus profondde son âme, cest affreux! vous savez quun baiser devotre bouche...

Assez ! je vous prie. Je sais que pour vous ce se-rait quelque chose dhorrible ! Ne me regardez seule-ment pas avec cet air suppliant. Je nai pas mal inter-prété vos sentiments, quoique la cause dernière menreste cachée. Je nai jamais osé imprimer mes lèvres survotre bouche...

Mais Maria ne me laissa pas achever; elle avait saisima main, et la couvrit des baisers les plus vifs, puis elleajouta en riant: « Je vous en supplie, racontez-moiencore quelque chose de vos amours. Combien detemps avez-vous aimé cette belle de marbre que vousavez embrassée dans le jardin féodal de votre mère? »

Nous repartîmes le jour suivant, et je ne lai plusrevue depuis, reprit Maximilien; mais elle occupa bienmon cœur pendant quatre années. Depuis ce moment,une étonnante passion pour les statues de marbre sestdéveloppée dans mon âme; et, ce matin encore, jen airessenti lirrésistible puissance. Revenant de la Lauren-