REISEBILDER.
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Maximilien? dit-elle avec cette voix soyeuse et fêléequ’on reconnaît aux phthisiques, et qui a du vagisse-ment de l’enfant, du gazouillement de l’oiseau et durâle du mourant ; à quoi pensiez-vous dans ce moment,Maximilien? reprit-elle, et elle se leva si précipitam-ment , que ses longues tresses se déroulèrent autour desa tête comme des bandelettes d’or.
— Pour Dieu ! s’écria Maximilien, en la forçant dou-"cement à se recoucher sur le sofa, demeurez en repos,ne parlez pas ; je vais tout vous dire, tout ce que je pense,tout ce que j’éprouve, peut-être tout ce que moi-mêmej’ignore encore.
En effet, continua-t-il, je ne sais pas bien au juste ceque je pensais et, sentais tout à l’heure. Des images dutemps de mon enfance surgissaient dans le demi-jourde ma mémoire ; je songeais au château de ma mère,au jardin délaissé, à la belle statue de marbre renverséesur le gazon... J’ai dit le château de ma mère; mais, envérité, ne vous figurez, je vous prie, rien de magnifiqueni de splendide. Je me suis habitué depuis longtemps àcette dénomination. Mon père donnait une singulièreexpression à ces mots: le château! et il souriait enmême temps d’une façon toute particulière. Je ne com-pris le sens de ce sourire que plus tard, quand, à i âgede douze ans, je fis, avec ma mère, un voyage au châ-teau. C’était mon premier voyage. Nous roulâmes toutle jour dans une forêt épaisse, dont les sombres hor-reurs sont toujours présentes à ma mémoire; vers le