Druckschrift 
2 (1861)
Entstehung
Seite
287
Einzelbild herunterladen
 

REISEBILDER.

287

CVst justement celle-ci qui me revient en mémoire, etqui mémeut jusquaux larmes. Je crains den devenirmalade.

Le pauvre empereur avait été pris par ses ennemis etjeté dans une dure prison. Je crois que cétait en Tyrol.Il était assis seul avec son affliction, délaissé par seschevaliers et par ses courtisans, aucun deux ne vint àson aide. Jignore sil avait alors déjà cette figure cha-grine que nous lui voyons dans les tableaux de la se-conde période de sa vie. Mais il est hors de doute quecette grosse lèvre inférieure qui annonce le dédain pourles hommes et quon trouve chez tous les princes de lamaison de Habsbourg, ressortait en ce moment plusfortement encore que sur ses portraits. Ne devait-il pasbien mépriser les gens qui avaient frétillé dun air sidévoué autour de lui sous le soleil brillant de la fortuneet qui labandonnaient maintenant seul dans le malheuret dans lobscurité ? Tout à coup souvrit la porte de saprison; un homme enveloppé dun manteau y entra, etquand ce manteau fut rejeté, lempereur reconnut sonfidèle Kuntz de Rosen, le fou de la cour. Celui-ci luiapportait des consolations et des conseils, et cétaitle fou.

O patrie allemande ! ô cher peuple allemand ! je suiston Kuntz de Rosen. Lhomme dont lemploi était de tefaire passer le temps, et qui navait quà te réjouir auxbons jours, pénètre dans ta prison au jour du malheur :ici, sous mon manteau, je tapporte ton bon sceptre et