REISEBILDER.
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CVst justement celle-ci qui me revient en mémoire, etqui m’émeut jusqu’aux larmes. Je crains d’en devenirmalade.
Le pauvre empereur avait été pris par ses ennemis etjeté dans une dure prison. Je crois que c’était en Tyrol.Il était assis là seul avec son affliction, délaissé par seschevaliers et par ses courtisans, aucun d’eux ne vint àson aide. J’ignore s’il avait alors déjà cette figure cha-grine que nous lui voyons dans les tableaux de la se-conde période de sa vie. Mais il est hors de doute quecette grosse lèvre inférieure qui annonce le dédain pourles hommes et qu’on trouve chez tous les princes de lamaison de Habsbourg, ressortait en ce moment plusfortement encore que sur ses portraits. Ne devait-il pasbien mépriser les gens qui avaient frétillé d’un air sidévoué autour de lui sous le soleil brillant de la fortuneet qui l’abandonnaient maintenant seul dans le malheuret dans l’obscurité ? Tout à coup s’ouvrit la porte de saprison; un homme enveloppé d’un manteau y entra, etquand ce manteau fut rejeté, l’empereur reconnut sonfidèle Kuntz de Rosen, le fou de la cour. Celui-ci luiapportait des consolations et des conseils, et c’étaitle fou.
O patrie allemande ! ô cher peuple allemand ! je suiston Kuntz de Rosen. L’homme dont l’emploi était de tefaire passer le temps, et qui n’avait qu’à te réjouir auxbons jours, pénètre dans ta prison au jour du malheur :ici, sous mon manteau, je t’apporte ton bon sceptre et