ŒUVRES DE HENRI HEINE.
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On nous fait tort à nous autres pauvres Titans, quandon noos reproche la sauvage brutalité avec laquellenous nous sommes rués à cet assaut du ciel... Hélas!là bas, il faisait bien sombre et bien horrible dans leTaitare: nous n’y entendîmes que les hurlements deCerbère et le cliquetis des chaînes, et il faut nous par-donner si nous avons paru un peu grossiers, comparés àccs dieux comme il faut, raffinés et polis, qui, dans lesclairs salons de l’Olympe, ont savouré de si bon nectaret les doux concerts des Muses.
Je ne puis écrire davantage, car la musique de la ruem’enivre le cerveau, et c’est toujours avec plus de forceque monte vers moi le terrible refrain que vous savez.
Il me manque encore quelques pages pour remplir ladernière feuille de ce livre, et je saisis cette occasionpour vous raconter une histoire qui m’obsède depuishier... C’est une histoire de la vie de l’empereur Maxi-milien. Mais il y a déjà bien longtemps que je l’ai en-tendue, et je ne m’en rappelle plus bien exactement lescirconstances. De semblables choses s’oublient aisémentquand on ne reçoit pas d’appointements fixes pour liretous les semestres sur le même cahier les vieilles his-toires à des étudiants. Mais qu’importe qu'on oublie lesnoms, les lieux et les dates des histoires quand on en atoujours présent à l’esprit le sens intime et la morale 1