REISEBILDER.
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Une volupté puissante me saisit ! Pendant que je suisassis, et que j’écris, la musique retentit sous ma fenêtre,et au courroux élégiaque de la majestueuse mélodie, jereconnais cet hymne marseillais avec lequel le beauBarbaroux et ses compagnons saluèrent la ville de Paris,ce ranz des vaches de la liberté, dont ies accords don-nèrent aux Suisses des Tuileries le mal du pays, ce chanttriomphal de la Gironde mourante, notre vieux et douxchant de nourrice...
Quel chant ! Il me pénètre de feu et de joie, et allumeen moi les étoiles les plus brillantes de l’enthousiasmeet les fusées de la moquerie. Non , celles-ci ne manque-ront pas au grand feu d’artifice du siècle... Les sonorestorrents de l’enthousiasme se répandront du haut demon cœur, en cascades hardies, comme le Gange seprécipite de l’Himalaya. Et toi, excellente Satire, fillede la juste Thémis et de Pan aux pieds de bouc, prête-moi ton secours! tu descends, toi aussi, par le côtématernel de la famille des Titans, et tu hais, ainsi quemoi, les ennemis de ta race, les débiles usurpateurs del’Olympe. Prête-moi le glaive de ta mère, afin que je lapunisse, la détestable engeance, et donne-moi la petiteflûte de ton père pour que je la fasse mourir sous lesifflet...
Déjà ils entendent ce sifflement mortel, et la peur pa-nique les saisit, et ils recommencent à s’enfuir, sous laforme d’animaux, comme en ce jour où nous entassâmesPélion sur Ossa...