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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
d’un autre côté, il aurait regardé comme une inhuma-nité d’amener quelqu’un, par ruse ou par force , à ab-jurer la religion de ses pères, pour en accepter une autre.Mais, alors, arriva d’Égypte un peuple, d’Égypte, lapatrie du crocodile et du sacerdoce, et avec la lèpre etl’argenterie empruntée, ce peuple apporta aussi la pre-mière religion positive, une église, un échafaudage dedogmes qu’il fallait croire et de saintes cérémonies qu’ilfallait célébrer; enfin un type de nos modernes religionsd’État. Alors s’établit dans le monde le fanatisme reli-gieux, l’intolérance, le prosélytisme et enfin toutes cessaintes horreurs qui ont coûté au genre humain tant desang et de larmes...
— Goddam ! s’écria mylady, que Dieu le damne, cepeuple instigateur de pareils fléaux !
— O Mathilde ! soyez miséricordieuse et ne lancezpas l'anathème contre ces inventeurs de l’anathème! Ilssont assez misérables et ils traînent à travers les sièclesla croix de leur torture sans fin. Oh, cette Égypte! sesproduits défient le temps, ses pyramides sont encoredebout, les momies de ses mausolées sont aussi fière-ment conservées qu’elles l’étaient aux temps des Pha-raons , et également indestructible est cette momie depeuple qui erre par toute la terre, emmaillottée dansses vieilles bandelettes sacerdotales, spectre hiérogly-phique à la fois risible et épouvantable qui, pour sesoutenir, trafique de lettres de change et de lorgnettes...Voyez là-bas, milady, ce vieil homme à barbe blanche,