REISEBILDER.
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chose de la naïveté évangélique, je ris bien plus fortencore de sa crédulité, qui tenait au catholicisme leplus sombre; du rire nous vînmes à une querelle sé-rieuse, nous échangeâmes des bourrades, nous nousfîmes des égratignures et nous conspuâmes de la façonla plus polémique, jusqu’à ce que le petit O’Donnel,qui venait de l’école, nous sépara. Ce jeune garçon avaitreçu une meilleure instruction dans la science du ciel ;il savait un peu de mathématiques, et nous démontratranquillement notre erreur à toutes les deux, et la foliede notre querelle. Et qu’arriva-t-il? Nous, petites filles,nous fîmes trêve provisoire à notre guerre d’opinion, etnous nous réunîmes d’un commun accord pour rosserle raisonnable petit mathématicien.
— Milady, j’en suis fâché, car vous avez raison.Mais on n’y peut rien faire. Les hommes disputeronttoujours sur l’excellence des idées religieuses qu’onleur a inculquées dès l’enfance, et celui qui est raison-nable aura toujours à souffrir des deux côtés. Jadis,c’était sans doute autrement ; personne ne s’avisaitd’exalter d’une manière particulière les doctrines et leculte de sa religion, ou d’en importuner les autres. Lareligion était une tradition chère, de saintes histoires,des solennités commémoratrices et des mystères trans-mis par les ancêtres. C’étaient pour ainsi dire des sacrade famille pour la nation, et c’eût été un sujet d’abomi-nation pour un Grec, si un étranger, qui n’était pas desa race, lui eût proposé une communauté de religion ;