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sion, mais, au contraire, dans une éternelle passionsans trouble. Ce vieil esprit florentin se révèle encore,peut-être comme un retentissement traditionnel, dansquelques tableaux à l’huile d’une époque postérieure,qui sont suspendus dans le dôme, à Lucques. Je fussurtout charmé par une Noce de Cana, d’un élèved’André del Sarto, ouvrage d’ailleurs un peu durementpeint, et modelé avec raideur. Le Sauveur est assisentre la tendre et belle fiancée, et un pharisien, dont lafigure, semblable à une table de pierre de la loi,s’étonne de voir le grand prophète qui se mêle avecsérénité aux heureux, et régale la société de miraclesplus grands encore que les miracles de Moïse; carcelui-ci ne put, quelque fort qu’il frappât le rocher, enfaire sortir que de l’eau, tandis que l’autre n’eut qu’unmot à dire, et les cruches se remplirent du meilleurvin. Bien plus tendre, et presque d’une couleur véni-tienne, est le tableau d’un inconnu, suspendu à côté, etoù le coloris le plus aimable est éteint d’une façon sin-gulière par le sentiment douloureux qui y domine. Ilreprésente Marie-Madeleine prenant une livre d’onguentdu nard le plus précieux, dont elle parfuma les piedsde Jésus, qu’elle essuya ensuite avec ses cheveux. LeChrist est assis là, au milieu du cercle de ses disciples,dieu beau et spirituel, douloureusement affecté commeun homme. Il sent un frisson de pitié pour son proprecorps, qui subira bientôt tant de souffrances, et auquelon rend dès à présent l’honneur des parfums, réservé
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