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2 (1861)
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sion, mais, au contraire, dans une éternelle passionsans trouble. Ce vieil esprit florentin se révèle encore,peut-être comme un retentissement traditionnel, dansquelques tableaux à lhuile dune époque postérieure,qui sont suspendus dans le dôme, à Lucques. Je fussurtout charmé par une Noce de Cana, dun élèvedAndré del Sarto, ouvrage dailleurs un peu durementpeint, et modelé avec raideur. Le Sauveur est assisentre la tendre et belle fiancée, et un pharisien, dont lafigure, semblable à une table de pierre de la loi,sétonne de voir le grand prophète qui se mêle avecsérénité aux heureux, et régale la société de miraclesplus grands encore que les miracles de Moïse; carcelui-ci ne put, quelque fort quil frappât le rocher, enfaire sortir que de leau, tandis que lautre neut quunmot à dire, et les cruches se remplirent du meilleurvin. Bien plus tendre, et presque dune couleur véni-tienne, est le tableau dun inconnu, suspendu à côté, et le coloris le plus aimable est éteint dune façon sin-gulière par le sentiment douloureux qui y domine. Ilreprésente Marie-Madeleine prenant une livre donguentdu nard le plus précieux, dont elle parfuma les piedsde Jésus, quelle essuya ensuite avec ses cheveux. LeChrist est assis, au milieu du cercle de ses disciples,dieu beau et spirituel, douloureusement affecté commeun homme. Il sent un frisson de pitié pour son proprecorps, qui subira bientôt tant de souffrances, et auquelon rend dès à présent lhonneur des parfums, réservé

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