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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
par l’usage aux morts, et qui lui appartient déjà aujour-d’hui. 11 laisse tomber un sourire triste sur cette femmeagenouillée qui, poussée par un pressentiment d’in-quiéiude amoureuse, accomplit cet acte charitable. Cetacte ne sera jamais oublié tant qu’il y aura des hommessouffrants, et ses parfums qui ont déjà embaumé tantde siècles, se répandront aussi sur les générations del’avenir. A l’exception du disciple selon le cœur duChrist , et qui, seul, nous rapporte cette action, aucundes apôtres n’en paraît comprendre le sens; et l’apôtreà barbe rousse semble même, comme dans l’Écriture,demander d’une manière chagrine pourquoi l’on n’apas vendu ce nard trois cents deniers, qu’on aurait dis-tribués aux pauvres. Cet apôtre économe est celui-làmême qui tient les cordons de la bourse. L’habitude desaffaires d’argent l’a tellement émoussé pour tout ce quiest parfum d’amour désintéressé, qu’il le troqueraitcontre des deniers, dans un but utile. Aussi bien, est-cece changeur de deniers qui trahit le Sauveur pour30 deniers d’argent. Ainsi, l’Évangile a signalé symbo-liquement, dans l’histoire de ce banquier des apôtres,la puissance de séduction qui nous tend un piège danstout sac d’argent, et il nous a mis en garde contre leshommes d’argent : tout riche est un Judas Iscariote.
—Vous faites, cher docteur, la grimace mal dissimuléed’un croyant, me dit milady. Je viens de vous observer,et, pardonnez-moi si je vous offense, mais vous avieztout l’air d’un bon chrétien.