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2 (1861)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

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instant à la jambe une autre commotion électrique.D'effroi, je faillis trébucher sur les paysannes agenouil-lées , qui, entièrement vêtues de blanc, chargées delongs pendants doreilles et de chaînes dor ^aune, cou-vraient le pavé en groupes serrés. En regardant autourde moi, japerçus encore une femme agenouillée quiséventait, et derrière léventail je découvris les yeuxmoqueurs de milady. Je me penchai vers elle, et elleme dit à loreille avec un souffle languissant : De-liyhtful !

Au nom de Dieu ! lui dis-je tout bas, demeurezsérieuse, ne riez pas; autrement on nous mettra à laporte. Mais, prières et instances, rien ny fit. Heureuse-ment quon ne comprenait pas notre langage, car lors-que milady se leva et nous suivit à travers la foulejusquau maître-autel, elle sabandonna à ses folles bou-tades, sans plus dégards que si nous eussions été seulssur les Apennins. Elle se moqua de tout, et même lespauvres tableaux des murailles ne furent pas à labri deses traits.

\ r oÿez donc, dit-elle, lady Éve, née de la côte,comme elle devise avec le serpent. Ce fut une fortbonne idée du peintre davoir donné au serpent unetête et uii visage dhomme ; cependant il eût été encoreplus spirituel de parer de moustaches militaires cevisage séducteur. Voyez-bas, docteur, lange qui an-nonce à la bienheureuse vierge son respectable état,et qui sourit en même temps avec tant d'ironie. Je sais