ŒUVRES DE HENRI HEINE.
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instant à la jambe une autre commotion électrique.D'effroi, je faillis trébucher sur les paysannes agenouil-lées , qui, entièrement vêtues de blanc, chargées delongs pendants d’oreilles et de chaînes d’or ^aune, cou-vraient le pavé en groupes serrés. En regardant autourde moi, j’aperçus encore une femme agenouillée quis’éventait, et derrière l’éventail je découvris les yeuxmoqueurs de milady. Je me penchai vers elle, et elleme dit à l’oreille avec un souffle languissant : — De-liyhtful !
— Au nom de Dieu ! lui dis-je tout bas, demeurezsérieuse, ne riez pas; autrement on nous mettra à laporte. Mais, prières et instances, rien n’y fit. Heureuse-ment qu’on ne comprenait pas notre langage, car lors-que milady se leva et nous suivit à travers la foulejusqu’au maître-autel, elle s’abandonna à ses folles bou-tades, sans plus d’égards que si nous eussions été seulssur les Apennins. Elle se moqua de tout, et même lespauvres tableaux des murailles ne furent pas à l’abri deses traits.
— \ r oÿez donc, dit-elle, lady Éve, née de la côte,comme elle devise avec le serpent. Ce fut une fortbonne idée du peintre d’avoir donné au serpent unetête et uii visage d’homme ; cependant il eût été encoreplus spirituel de parer de moustaches militaires cevisage séducteur. Voyez là-bas, docteur, l’ange qui an-nonce à la bienheureuse vierge son respectable état,et qui sourit en même temps avec tant d'ironie. Je sais