maisons, les volets de leurs yeux fermés, dormaient, etl’on ne voyait que de loin en loin clignoter uue petitelumière sous ces paupières de bois. Au-dessus, dans leciel, s’ouvrait dans les nuages un vaste espace d’un vertclair, et le croissant de la lune y flottait comme unegondole d’argent dans une mer d’émeraudes. Vaine-ment priai-je Francesca de lever seulement une seulefois ses yeux vers notre ancienne et chère confidente,elle conserva sa petite tête baissée et rêveuse. Sa dé-marche, jadis joyeusement aérienne, était maintenantcompassée et contrite; ses pas étaient singulièrementhumbles: elle s’avançait comme sur le rhythme chantépar un orgue d’église. Chemin faisant, elle se signaitdevant chaque image de saint; vainement je m’offris àlui aider ; mais quand, sur le marché, nous passâmesdevant l’église de San-Michele , où se détachait sur lefond obscur de sa niche la mère de douleur avec sesépées dorées dans le cœur, et sa couronne de petiteslampes sur la tête, Francesca enlaça mon cou avec sesbras et m’embrassa, en sanglotant à demi-voix : — Cecco,Cecco, euro Cecco !
J’acceptai tranquillement ces baisers, quoique je sussefort bien qu’au fond ils étaient adressés à un abbé bolo-nais, serviteur de l’église catholique romaine. En maqualité de protestant, je ne me lis aucun scrupule dem’approprier des biens du clergé catholique, et je sécu-larisai sur-le-champ les pieux baisers de Francesca. Jesais que les cafards en seront scandalisés, qu’ils criero ,t