REISEBILOER.
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si, longtemps après ma mort, je fusse sorti du tombeaupour aller avec de lugubres compagnons nocturnes dansl’église des spectres, y entendre les prières des morts,et confesser des péchés posthumes. Tl me semblait quel-quefois que je voyais réellement assis auprès de moi,dans le demi-jour mystérieux, les défunts paroissiensdans le vieux costume florentin, avec leurs longues etpâles figures, leurs livres dorés entre leurs doigts amin-cis, murmurant tout bas, et se faisant mutuellement desinclinations mélancoliques. Le son plaintif d’une loin-taine cloche d’agonisant me rappela le vieux prêtremalade que j’avais vu à la procession, et je me dis : Ilest mort aussi dans cet instant, et il va venir ici pourdire sa première messe de minuit; ce sera le comble àces tristes apparitions.
Tout d’un coup se leva des marches de l’autel la gra-cieuse figure de la dévote voilée.
Oui, c’était bien elle; le reflet de sa robe suffit pourfaire évanouir les pâles fantômes ; je ne vis plusqu’elle, je la suivis rapidement hors de l’église, etquand, arrivée devant la porte, elle rejeta son voile enarrière, je vis le visage de Francesca inondé de larmes.Elle ressemblait à une rose blanche sentimentale, cou-verte des perles de rosée de la nuit, éclatante sous lesrayons de la lune.— Francesca, m’aimes-lu? — Je fisbeaucoup de demandes, et elle répondit peu. Je l’ac-compagnai à l’hôtel Croce di Malta, où elle logeait ainsique Mathilde. Les rues étaient devenues désertes; les