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2 (1861)
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RE1SEBILDER.

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fit cle lOlympe un hôpital des dieux écorchés, rôtiset perforés, se promenèrent ennuyeusement et pan-sèrent leurs blessures en chantant de tristes litanies. Lareligion ne donna plus de joie, mais des consolations;ce fut une ensanglantée et lamentable religion de sup-pliciés.

Peut-être était-elle nécessaire pour lhumanité ma-lade et écrasée. Qui voit souffrir son Dieu supporte plusfacilement ses propres souffrances. Les anciens dieuxgaillards, qui ne connaissaient pas par eux-mêmes la dou-leur, ne savaient pas non plus ce quéprouve un pauvrehomme torturé, et un pauvre torturé ne pouvait nonplus sadresser à eux avec confiance dans ses douleurs.Cétaient des dieux de jours de fête, autour desquels ondansait gaiement, et auxquels on ne pouvait adresserque des remercîments. Aussi ne furent-ils jamais aimésdu plus profond du cœur. Pour être ainsi aimé du fonddu cœur, il faut être souffrant. La pitié est la dernièreconsécration de lamour, peut-être lamour lui-même.De tous les dieux qui aient jamais vécu, le Christ est pourcette raison le Dieu qui ait été aimé le plus, surtout parles femmes. ..

Fuyant le tumulte de la foule, je me suis perdu dansune église solitaire, et ce que tu viens de lire, cher lec-teur, est moins lexpression de mes pensées que quelquesparoles involontaires qui me sont échappées, tandisquétendu sur un des vieux bancs destinés à la prière, jelaissais passer dans mon sein les sonores vibrations dun