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2 (1861)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

même pensée que moi, et quand je portai, en soupirant,mes regards vers le ciel, je trouvai daccord avec lesmiens leurs yeux si clairs, si brillants et si pieux. Maison pouvait se passer fort bien de leur lumière : des mil-liers et des milliers de lampes, de flambeaux, et devisages de jeune:, tilles étincelaient à toutes les fenêtres;au coin de chaque rue étaient plantés des fanaux derésine enflammée, et puis chaque prêtre avait encore àses côtés son porte-cierge. Les capucins avaient presquetous, pour cet office, de petits garçons à mine fraîche etréjouie, qui regardaient quelquefois avec une curiositéravie les barbes vieilles et graves des religieux. Unpauvre capucin ne peut pas payer un grand porte-cierge,et le gamin auquel il apprend lAve, Maria, ou dont ilconfesse la tante, doit bien lui rendre ce service gratisaux processions, et je suis sûr quil ne le fait pas avecmoins de dévouement. Les autres moines navaient pasauprès deux denfants beaucoup plus grands; maisquelques ordres plus distingués avaient déjà loué degrands gaillards, et les prêtres à hauts bonnets avaientpour porte-cierges de véritables bourgeois. Quant àM. larchevêque, car cétait lhomme qui marchait avecune tière humilité sous un dais, et faisait porter les pansde sa robe par deux pages à barbe grise, il avait dechaque côté un laquais vêtu dune éclatante livrée bleueavec des galons jaunes. Tous deux portaient de blancscierges avec la même façon de cérémonie que silseussent sfrvi à la cour.