REISEBILDEU.
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d’Égypte, et comme on les voit dans l’ouvrage de De-non, dans la Flûle enchantée, et dans le Voyage de Bel-zoni. C’étaient des visages qui avaient du service : ilsavaient l’air d’une sorte de vieille garde. Enfin, venaitle grand état-major, puis un dais, et, sous ce dais, unvieil homme, avec un bonnet plus élevé que les autres,et une couverture plus riche, dont les pans étaient portéspar deux semblables vieillards, qui faisaient l’office depages.
Les moines de l’avant-garde marchaient les bras croi-sés, et dans un silence sérieux; mais les hommes auxbonnets pointus chantaient une psalmodie bien at-tristante, et d’un ton bien nasillard et fort saccadé. Parbonheur, on n’en pouvait entendre que la moitié, parceque la procession était suivie de plusieurs compagniesde soldats, avec tambours et fifres. Il y avait aussi sur leflanc des prêtres qui marchaient, une file de grenadiers,qui les escortaient de deux en deux. On voyait presqueplus de soldats que d’ecclésiastiques...; mais, pour sou-tenir la religion, il faut aujourd’hui beaucoup de baïon-nettes, et quand on-donne la bénédiction, les canonsdoivent tonner au loin d’une manière significative.
Quand je vois une pareille procession, où les prêtresmarchent d’un air si piteux et si désolé, sous une fièreescorte militaire, je me sens toujours affecté douloureu-sement , comme si je voyais notre Sauveur lui-mêmeentouré de soldats et de lances, et se rendant au sup-plice. Les étoiles, à Lucques, avaient sans doute la