REISEBILDER.
223
fait tout son possible pour représenter avec la plusgrande vérité d’imitation le cortège du couronnementdans la Pucelle d’Orléans, et réaliser aux yeux de sescompatriotes l’idée d’une procession avec ses prêtres detoutes les couleurs. Mais le costume le plus fidèle nepeut remplacer les figures originales; et , gaspillât-onplus de 100,000 thalers en mitres épiscopales d’or, enétoles aux fleurs diaprées, en surplis brodés, rochetsde dentelles et autres afïiquels de la môme espèce, lesnez raisonnablement protestants qui guettent sous cesmitres, les jambes grêles et rationalistes qui dépassentles pointes festonnées de ces surplis, les ventres éclairésbeaucoup trop à l’aise sousces étoles, tout nous rap-pellerait, à nous autres, que ce ne sont pas des prêtrescatholiques, mais d’honnêtes quistres laïques de Berlinqui défilent sur la scène.
Je me suis souvent demandé si l’intendant général nepourrait pas imiter beaucoup mieux ce cortège, et nousprésenter un tableau bien plus fidèle d’une procession,en ne donnant plus les rôles des prêtres catholiquesaux comparses ordinaires, mais à ces ecclésiastiquesprotestants qui prêchent avec l’orthodoxie la plus par-faite dans leur chaire de théologie ou dans la Gazettede CÉglise, contre la raison, les plaisirs mondains,Gésenius et le diable. On verrait alors des visage? dontle cachet cagot répondrait d’uno manière bien plusfrappante aux susdits rôles dramatiques. C’est d’ailleursune observation déjà faite, que tous les prêtres du