ŒUVRES DE HENRI HEINE.
atteinte au respect dû à ses fonctions sacerdotales et hsa sainteté privilégiée. De même un Italien n’entendpas la messe ou ne se confesse pas avec moins de piétéauprès d’un prêtre qu’il a trouvé la veille ivre dans laboue. En Allemagne, c’est autre chose. Le prêtre ca-tholique n’y veut pas représenter sa dignité par sonministère seulement, mais il faut que le ministère soitaussi représenté par la personne ; et, comme, dans lescommencements peut-être, il a pris sa vocation au sé-rieux, et que,, dans la suite, quand ses vœux de chastetéet d’humilité sont en querelle avec le vieil Adam, il neveut pourtant pas violer ces vœux publiquement, sur-tout parce qu’il craint de donner la moindre prise ànotre ami Krug de Leipzig, il tâche de conserver aumoins l’apparence d’une conduite sainte. De là lessaintetés apparentes, l’hypocrisie et la fausse bigoteriedes cafards allemands; chez le clergé d’Italie, au con-traire, il y a bien plus de transparence dans le masque,une certaine ironie de bonne santé, et un accord toutconfortable avec le siècle.
Mais à quoi bon toutes ces réflexions générales? Ellesne peuvent être que d’une médiocre utilité pour toi,cher lecteur, si par hasard tu avais envie d’écrire contreles prêtres catholiques. Il faut, à cet effet, voir de sespropres yeux, comme je l’ai dit, les figures qui appar-tiennent à cette classe. Et, en vérité, il ne suffit pas deles avoir vues sur la scène de l’Opéra royal, à Berlin.Le précédent intendant général avait pourtant toujours