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CKIIVRES DE HENRI HEINE.
monde, rabbins, muftis, dominicains, conseillers con-sistoriaux , popes, bonzes, enfin tout le corps diploma-tique du bon Dieu, portent sur leur figure un certain airde famille, qu’on retrouve toujours chez les gmis quifont le même métier. Les tailleurs, dans le monde entier,se distinguent par la ténuité délicate des membres; lesbouchers et les soldats portent partout le même aspectfarouche; les juifs ont la physionomie calculatricequi leur est particulière, non parce qu’ils descendentd’Abraham, d’Isaac et de Jacob, mais parce qu’ils sontmarchands, et le marchand chrétien de Francfort res-semble au marchand juif de Francfort tout autantqu’un œuf pourri à un autre œuf pourri. Les négociantsspirituels qui gagnent leur vie dans les affaires reli-gieuses, finissent par contracter aussi dans la physiono-mie une certaine ressemblance. Sans doute quelquesnuances s’établissent par suite de leurs différentes ma-nières de faire le métier. Le prêtre catholique ressemblesurtout à un commis placé dans un grand commerce.L’Église, la grande maison, dont le pape est chef, luidonne une occupation déterminée et un salaire net pourses soins. Il travaille à son aise, comme un homme quia beaucoup de collègues, et qui, dans un si grand mou-vement d’affaires, peut facilement échapper à l’atten-tion.. . Seulement il a fort à cœur le crédit de la maison,et plus encore sa solidité, parce qu’il perdrait son painen cas de banqueroute. Le cafard protestant au con-traire, est patron partout, et fait les affaires religieuses