ÏV
J’ignore si le moine que je rencontrai non loin deLacques est un homme pieux; mais je sais que sonvieux corps est enfermé, chétif et sans chemise, dansun froc grossier, pendant toute l’année; que ses san-dales déchirées ne peuvent protéger suffisamment sespieds nus, quand il gravit les rochers à travers les épineset les broussailles, pour aller, dans les villages des mon-tagnes, consoler les malades, et apprendre l'Ave, Mariaaux enfants. Et il est satisfait quand, en échange, on luimet dans son sac un morceau de pain, et qu’on lui étale,pour dormir, quelques poignées de paille.
— Je ne veux pas écrire contre cet homme, me dis-jeà moi-même. Quand, revenu chez moi, en Allemagne,assis dans mon fauteuil à bras, près d’un poêle pétillant,chaudement et bien repu, face à face avec une appé-tissante tasse de thé, j’écrirai contre les prêtres catho-liques, ie ne veux pas écrire contre cet homme.
Pour écrire contre les prêtres catholiques, il faut aussiconnaître leurs figures; mais les ligures originales, onne les voit qu’en Italie. Les prêtres catholiques d’AUe-