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2 (1861)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE,

il navait jamais vu Francesca. Il a donc pu rester, avecson âme tranquillement fière, perché comme aupara-vant sur son rocher, contempler le ciel avec la mêmeliberté de cœur, et me regarder avec un calme aussiimpertinent. Un aigle de cettë espèce a le regard dunorgueil insoutenable, et vous toise comme sil voulaitdire : Quelle sorte doiseau es-tu? Sais-tu bien que jesuis toujours roi, encore aujourdhui comme dans cestemps héroïques jornais les étendards de Napoléon?Ne serais-tu pas quelque perroquet savant qui a apprispar cœur les vieilles chansons, et les répète comme unpédant? ou une tourterelle de volière aux beaux senti-ments, aux roucoulements détestables? ou un rossignoldalmanach? ou un oison dégénéré, dont les ancêtresont sauvé le Capitole? ou un servile coq domestique,auquel, par ironie, on a mis au cou lemblème du volaudacieux, cest-à-dire mon portrait en miniature, etqüise pavane comme si lui-même était un aigle?... Tu sais,cher lecteur, combien peu javais sujet de me fâcherquun aigle eût sur mon compte de pareilles idées.Aussi, je crois que le regard que je lui rendis était en-core plus orgueilleux que le sien ; et sil est allé aux infor-mations auprès du premier laurier venu, il sait à pré-sent qui je suis.

Jétais réellement égaré dans les montagnes quand lecrépuscule savança, que les mille chansons des bois seturent, et que les arbres murmurèrent dun ton plus sé-rieux Un mystère sublime et une intime solennité se