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2 (1861)
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RE1SEBILDER.

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chapeau lui-même, vieux et usé, pend dans le coindune maussade cellule dabbé à Bologne.

Je suis de ces gens qui aiment toujours à prendre unchemin plus court que la route battue, et auxquels ilarrive souvent alors de ségarer dans les étroits sentiersdes rochers et des bois. Cest ce qui marriva aussi cejour-, et jai employé' pour mon voyage de Lucquescertainement deux fois plus de temps que les vulgaireshabitués du grand chemin. Un étourneau, à qui je de-mandai ma route, siffla et gazouilla sans me donneraucun renseignement précis. Peut-être nen savait-ilrien lui-même. Je ne pus tirer aucune parole des pa-pillons et des demoiselles suspendus au front desgrandes campanules : ils étaient envolés avant davoirentendu mes questions, et les fleurs balançaient leursclochettes silencieuses. Plus dune fois, je fus appelépar les myrtes sauvages, qui ricanaient au loin dunevoix douce et fine. Jescaladais alors avec empresse-ment les aiguilles les plus ardues des rochers, etmécriais : O nuages du ciel ! pilotes des airs ! dites-moi le chemin qui conduit auprès de Francesca ! Est-elle à Lucques? Dites-moi, que fait-elle? que danse-t-elle?... Dites-moi tout, et quand vous maurez tout dit,redites-le moi encore !

Au milieu dune telle exubérance de folie, il est biennaturel quun aigle grave, que jaurai troublé dans sesrêveries solitaires, mait regardé avec un mépris demauvaise humeur; mais je lui pardonne volontiers, car

H.