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OEUVRES DE HENRI HEINE.
Nulle part une figure de Philistin. Et s’il y a ici commechez nous des Philistins, ce sont des Philistins italiensaux oranges, et non de lourds Philistins allemands auxpommes de terre. Les gens sont d’un pittoresque aussiidéal que leur pays, et puis chaque homme y portesur la figure une expression tout individuelle, et saitfaire ressortir son individualité dans ses poses, dans lejet de son manteau, et s’il le faut dans le maniementdu couteau ; tout au rebours de nos compatriotes, avecleurs physionomies universelles et uniformes. Quandceux-ci sont douze ensemble, ils forment la douzaine,et si quelqu’un les attaque alors, ils appellent la police.
Ce fut un objet de surprise pour moi de voir, dans lepays de Lucques comme dans la plus grande partie dela Toscane, les femmes avec de grands chapeaux defeutre noir à plumes d’autruche pendantes; les tres-seuses de paille même portent cette lourde coiffure. Leshommes au contraire ont presque tous un léger cha-peau de paille, et les jeunes garçons le reçoivent d’or-dinaire en présent d’une jeune fille qui l’a fait de sesmains, et y a tissé, avec les tresses, ses penséesd’amour, et peut-être plus d’un soupir. C’est ainsi queFrancesca fut jadis assise parmi les plus jeunes filles etles fleurs du val d’Arno, et tressa un chapeau pour soncaro Cecco, un chapeau dont elle baisa chaque brin depaille, en chantant son charmant Occhj, s/elle mortali-La tête bouclée qui porta si gaillardement le joli cha-peau est maintenant coiffée d’une tonsure, et le pauvre