Druckschrift 
2 (1861)
Entstehung
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Il]

Ce fut sur le chemin entre les bains de Lucques et laville de ce nom, près du grand châtaignier dont la puis-sante et large verdure ombrage le ruisseau, et en pré-sence dun vieux bouc à barbe blanche, qui paissaitsolitairement, queut lieu lentretien que jai rapportédans le précédent chapitre. Je men allais à Lucquespour y retrouver Francesca et Mathilde, que javais,conformément à nos conventions, y rencontrer déjà huitjours auparavant. Mais comme, au temps fixé, javaisfait le voyage en pure perte, je venais de me remettre enroute une seconde fois. Jallais à pied, le long des bellesmontagnes et des masses darbres, les oranges dor,étoiles du jour, brillaient dans les profondeurs de la ver-. dure. Partout étaient suspendues des guirlandes de vignesdont les festons se prolongeaient comme pour une fête,pendant des lieues entières. Toute cette terre toscane estaussi parée, aussi jardin, que chez nous les scènes cham-pêtres quon étale sur les théâtres; les paysans mêmes yressemblent à ces personnages diaprés dont lespalierchantant, riant et dansant nous réjouit sur la scène.