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Ce fut sur le chemin entre les bains de Lucques et laville de ce nom, près du grand châtaignier dont la puis-sante et large verdure ombrage le ruisseau, et en pré-sence d’un vieux bouc à barbe blanche, qui paissait làsolitairement, qu’eut lieu l’entretien que j’ai rapportédans le précédent chapitre. Je m’en allais à Lucquespour y retrouver Francesca et Mathilde, que j’avais dû,conformément à nos conventions, y rencontrer déjà huitjours auparavant. Mais comme, au temps fixé, j’avaisfait le voyage en pure perte, je venais de me remettre enroute une seconde fois. J’allais à pied, le long des bellesmontagnes et des masses d’arbres, où les oranges d’or,étoiles du jour, brillaient dans les profondeurs de la ver-. dure. Partout étaient suspendues des guirlandes de vignesdont les festons se prolongeaient comme pour une fête,pendant des lieues entières. Toute cette terre toscane estaussi parée, aussi jardin, que chez nous les scènes cham-pêtres qu’on étale sur les théâtres; les paysans mêmes yressemblent à ces personnages diaprés dont l’espalierchantant, riant et dansant nous réjouit sur la scène.