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ŒUVRES DK HENRI HEINE.
menîs plus de liberté, il a ôté son habit rouge, et l’onvoit deux petites jambes courtes et modestes dans uneculotte collante, et deux bras plus longs et tout amaigrisdans l’ample blancheur de manches de chemise flot-tantes.
Quelles figures baroques faites-vous là? lui demandai-je après avoir considéré quelque temps ce métier.
— Ce sont des pieds de grandeur naturelle, répondit-il en gémissant ; et moi, pauvre malheureux, il faut queje garde ces pieds dans ma tête, et les mains me fontdéjà mal de tous les pieds que j’ai dû écrire tout àl’heure. Ce sont les pieds véritables et authentiques dela poésie. Si ce n’était pour mes progrès dans la civili-sation, j’enverrais la poésie promener sur tous ses pieds.M. le marquis me donne en ce moment une leçon par-ticulière d’art poétique. M. le marquis lit les vers, etm’explique sur combien de pieds ils vont, et il faut quej’en prenne note, et que je calcule ensuite si chaquepoésie a son compte juste.
— Vous nous trouvez en effet, dit le marquis d’unton emphatique et didactique , dans une occupation dehaut lyrisme. Je sais bien, docteur, que vous êtes deces poètes à idées singulières qui ne veulent pas voir(jue les pieds sont le principal en. poésie. Mais un espritcultivé et poli n’est charmé que par le poli de la forme,et c’est là ce que nous ne pouvons apprendre une desGrecs et des poètes modernes, qui veulent faire renaîtrele goût grec, qui pensent à la grecque, sentent à la