REISEBILDER. 191
le calmer; vous n’avez pas d’homérides. Ne vous livrezpas à la passion...
— Non, non,... je veux l’aller rejoindre!... Dans sesbras !... O nuit, ô nuit!...
— Je vous dis, continua Hyacinthe avec une patiencephilosophique, que vous n’aurez aucun repos dans sesbras, que vous serez obligé de vous lever vingt fois. Nevous livrez pas à la passion ! Plus vous sauterez ainsidans la chambre, plus vous vous incommoderez, et plusle sel de Glauber opérera promptement. Votre passionaide encore la nature. Vous devez supporter comme unhomme ce que le destin a résolu à votre égard. Que celasoit arrivé ainsi, c’est peut-être bien, et il est peut-êtrebien que cela soit arrivé ainsi. L’homme est un être ter-restre, et il ne comprend pas les décrets de la Divinité.L’homme croit souvent qu’il va chercher le bonheur, etpeut-être qu’au milieu du chemin le malheur l’attendavec un bâton, et quand un bâton bourgeois tombe surun dos noble, l’homme le sent bien, monsieur lemarquis.
— « Malheur à moi, jouet du destin ! » criait toujoursGumpelino en fureur. Mais son valet continuait avec lemême calme :
— L’homme attend souvent une coupe pleine de nec-tar, et on lui donne un breuvage de fagots qu’on boit avecle dos; et si le nectar est bien doux, les coups de triquen’en sont que plus amers. Et encore, est-ce un vrai bon-heur, quand l’homme qui rosse l'autre finit par se fati—