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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
lèverez encore, et ainsi de suite, et le lendemain vousvous sentirez aussi léger qu’un ange avec des ailes depapillon, et vous danserez de bien-être. Seulement vousaurez l’air un peu pâle; mais je sais que cela ne vousfait pas de peine, d’avoir l’air pâle, languissant, etquand vous avez l’air pâle, languissant, on vous trouvebien.
L’éloquence de Hyacinthe, et sa poudre, qu’il prépa-rait déjà, eussent néanmoins été également perdues, sile marquis ne se fût tout d’un coup rappelé le passageoù Juliette boit le breuvage fatal.
— Que pensez-vous, docteur, me dit-il, de la Müllerde Vienne? Je l’ai vue dans le rôle de Juliette. Ah,Dieu ! Dieu ! comme elle joue ! Je suis pourtant le plusgrand enthousiaste de la Crelinger; mais la Müller, vi-dant la coupe, m’a transporté. Voyez-vous, ajouta-t-ilen prenant avec un geste tragique le verre où Hyacintheavait délayé la poudre; voyez-vous, elle tenait la coupede cette façon, et frissonnait au point qu’on éprouvaitla même chose qu’elle quand elle disait :
Un lourd frisson circule froidement dans mes veines,
Et glace presque la chaleur de la vie.
Alors, elle se posait comme je me pose, portait la coupeà ses lèvres, et, aux mot;; ;
Attends, Thibault!
Je te rejoins, Romeo ! Je bois à toi.
elle vidait la coupe...