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2 (1861)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

lèverez encore, et ainsi de suite, et le lendemain vousvous sentirez aussi léger quun ange avec des ailes depapillon, et vous danserez de bien-être. Seulement vousaurez lair un peu pâle; mais je sais que cela ne vousfait pas de peine, davoir lair pâle, languissant, etquand vous avez lair pâle, languissant, on vous trouvebien.

Léloquence de Hyacinthe, et sa poudre, quil prépa-rait déjà, eussent néanmoins été également perdues, sile marquis ne se fût tout dun coup rappelé le passage Juliette boit le breuvage fatal.

Que pensez-vous, docteur, me dit-il, de la Müllerde Vienne? Je lai vue dans le rôle de Juliette. Ah,Dieu ! Dieu ! comme elle joue ! Je suis pourtant le plusgrand enthousiaste de la Crelinger; mais la Müller, vi-dant la coupe, ma transporté. Voyez-vous, ajouta-t-ilen prenant avec un geste tragique le verre Hyacintheavait délayé la poudre; voyez-vous, elle tenait la coupede cette façon, et frissonnait au point quon éprouvaitla même chose quelle quand elle disait :

Un lourd frisson circule froidement dans mes veines,

Et glace presque la chaleur de la vie.

Alors, elle se posait comme je me pose, portait la coupeà ses lèvres, et, aux mot;; ;

Attends, Thibault!

Je te rejoins, Romeo ! Je bois à toi.

elle vidait la coupe...