RKISF.HILDER.
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ne demande pas présentement une religion meilleurepour moi, que ce temple d’israélites réformés, et ellemérite d’être soutenue. J’y ferai tout mon possible, etquand je serai retourné à Hambourg, j’irai tous les sa-medis, toutes les fois que ce ne sera pas jour de tirage,dans le nouveau temple de religion. Malheureusementil y a des hommes qui font une mauvaise réputation àce nouveau culte israélite, et qui prétendent qu’il pro-duit une perturbation que, sauf respect, on appelle unschisme. Mais je puis vous assurer que c’est une bonnereligion, bien propre, bien inodore, peut-être trop bonnepour le petit peuple, à qui la vieille religion judaïque peutfaire encore bien du profit. Les petites gens ont besoinde niaiseries dans lesquelles ils se sentent heureux, etils se sentent heureux dans leur niaiserie. C’est ainsiqu’un vieux juif avec une longue barbe, et un habit dé-chiré, peut-être un peu de rogne, et qui ne peut pasdire un mot avec l’orthographe, se sent peut-être plusheureux intérieurement que moi avec toute ma civilisa-tion. Il y a à Hambourg un homme qui demeure dansun taudis, rue Backerbreilengang, et qui se nommeMoïse Loque. Il roule toute la semaine au vent et à laplqie avec sa balle sur le dos pour gagner quelquesmarcs : mais quand il rentre à la maison le vendredisoir, il trouve le chandelier à sept branches allumé, latable couverte d’une nappe blanche ; il jette de côté saballe et ses soucis, et se met à table avec sa femme bis-cornue et sa fille plus biscornue encore, mange avec