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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
pliique, et je répliquai que dans toute cette fabled’Ariane abandonnée par Thésée, et se jetant dans lesbras de Bacchus, je ne voyais pas autre chose qu’une al-légorie, qui signifiait que dans cette situation déplorable,elle s’était abandonnée à la boisson, hypothèse que par-tagent avec moi plusieurs de mes compatriotes savants.— Et vous, monsieur le marquis, vous savez sans douteque le défunt banquier Bethmann avait, dans cette hypo-thèse, fait éclairer sa statue d’Ariane de telle sorte qu’ellesemblait avoir le nez rouge.
— Oh! oui, Bethmann de Francfort était un grandhomme! répliqua le marquis; mais, au même instant,quelque chose d’important parut lui trotter dans la cer-velle : — Mon Dieu ! mon Dieu ! se dit-il avec un grandsoupir, j'ai oublié d’écrire à Rothschild de Francfort!Et avec un visage fort affairé, d’où tout badinage paro-disle semblait complètement éclipsé, il salua en abrégé,sans longue cérémonie, et promit de revenir versle soir.
Quand il fut parti, comme je me disposais, suivantl’usage du monde, à gloser sur l’homme par l’obligeanceduquel je venais de faire la plus agréable connais-sance, je trouvai, à mon grand étonnement, que per-sonne ne pouvait assez le louer, et que tous vantaient,dans les termes les plus exagérés, son enthousiasmepour le beau, ses procédés nobles et délicats et sondésintéressement. Signora Francesca joignit aussi savoix à ce concert d’éloges, mais elle avoua que son i>v*