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était quelque peu inquiétant, et lui rappelait toujours latour de Pise.
En prenant congé, je lui demandai moi aussi la fa-veur de baiser son pied gauche; par suite de quoi elleôta, demi-souriante, demi-sérieuse, son soulier rouge,puis son bas, et, au moment où je m’agenouillai, elleme tendit son petit pied blanc, éclatant comme le lis,que je pressai peut-être avec plus de foi et de ferveurcontre mes lèvres, que je n’eiisse fait de celui du pape.Il va sans dire que je remplis aussi l’office de femme dechambre, et que j’aidai à remettre bas et soulier.
— Je suis contente de vous, dit signora Francesca,quand j’eus terminé cette affaire, où je ne m’étais guèrepressé, encore que j’eusse employé mes dix doigts; jesuis contente de vous, je vous ferai souvent encore re-mettre mes bas. Aujourd’hui vous avez baisé le piedgauche, demain vous aurez le droit. Après-demain vouspourrez déjà baiser la main gauche, et le jour d’après ladroite. Conduisez-vous bien, et je vous offrirai plus tardla bouche, et ainsi de suite. Vous voyez que j’ai bonneenvie de vous faire avancer, et connue vous êtes jeune,vous pouvez encore faire votre chemin dans le monde.
Et j’ai fait mon chemin dans ce monde-. Soyez-m’entémoins, nuits de Toscane, toi beau ciel bleu avec tesgrandes étoiles d’argent ! vous, bois de lauriers sauvages,touffes mystérieuses de myrtes ; et vous, nymphes desApennins ! Quand vous nous enlaciez de vos dansesnupiiales, nous vous rappelions ces temps des dieux,