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2 (1861)
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Seite
159
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ajouta-t-il, de même que lorange devient dautant plusjaune avec le temps, ainsi votre beauté acquiert, avecchaque année, plus de maturité.

La dame parut satisfaite de cette comparaison, etavoua en même temps quelle se sentait réellement plusmûre quautrefois, surtout quà lépoque, étant en-core si mince, elle avait paru sur le théâtre de Bologne;elle ne concevait pas aujourdhui comment elle avait pufaire furore avec une pareille figure. Elle raconta alorsson début dans le rôle dAriane, événement sur lequelelle revenait souvent, comme je le découvris plus tard,et le signor Bartolo devait toujours, en semblable occa-sion , déclamer les vers quil lui avait jetés ce jour-sur le théâtre. Cétait un bon morceau, plein dafflictiontouchante sur la déloyauté, de Thésée, et denthousiasmeaveugle pour Bacchus et pour lenivrante beautéd'Ariane. Bella cosa! sécriait à chaque strophe signoraLetizia, et je louai, moi aussi, les images, la versificationet la conception de cette fable.

Oui, elle est très-belle, dit le professeur, et reposesans doute sur une vérité historique : quelques auteursnous racontent en effet expressément, quOnéus, prêtrede Bacchus, se maria avec linconsolable Ariane quandil la trouva abandonnée dans lîle de Naxos, et, commeil arrive souvent, la tradition a fait du prêtre du dieu ledieu lui-même.

Je ne pus me ranger à cet avis, vu que je penche tou-ours en mythologie du côté de linterprétation philoso-