gante à Voir que ces deux pieds qui se baisaient, et sedisaient les choses les plus tendres. Et alors la follejeune fille versa, tout en ricanant, un torrent de larmes,qui lui venait souvent du cœur plus profondément quene l’exigeait sa situation plaisante. Elle fit aussi, dansce comique débordement d’affliction, tenir à l’abbateCecco un long discours, dans lequel il exaltait en méta-phores pédatitesques la beauté de la pauvre Francesca;et la manière dont elle aussi, la pauvre Francesca, ré-pondait et imitait sa propre voix, avec la sentimentalitéd’une époque antérieure, avait quelque chose de dou-loureux et de pantin, tout à la fois, qui me remuaitl’âme d’une façon toute particulière : — Adieu, Cecco !— Adieu, Francesca! était le refrain éternel. Les deuxpieds amoureux ne se voulaient pas quitter ; et je fustrès-satisfait, ma foi, qu’un destin inexorable les sépa-rât enfin ; car un doux pressentiment semblait me direque c’eût été un malheur pour moi si les deux amantsn’eussent jamais été désunis.
Le professeur applaudit avec un grotesque charivaride guitare, signora Letizia fit des roulades, le petit chienaboya, et le marquis et moi nous battîmes des mainscomme des enragés. Francesca se leva, et s’inclina parreconnaissance.
— C’ st vraiment une belle comédie, me dit-elle;mais il y a déjà longtemps qu’elle a été jouée pour lapremière fois, et moi-même je suis devenue bien vieille...Devinez un peu mon âge? — Dix-huit ans, ajouta-t-elle