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2 (1861)
Entstehung
Seite
156
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irifi ŒUVRES DE HENRI HEINE.

salles du palais Pitti à Florence. Je pense souvent au-jourdhui à cette statue, et maintes fois je rêve quelleest dans mes bras, quelle sanime peu à peu, et mur-mure à mon oreille avec la voix de Francesca. Cétait leson de cette voix qui donnait à chacune de ses parolesle sens le plus aimable, le plus infini: si je voulais terapporter ces paroles, ce ne serait quun herbier de fleursdesséchées dont le parfum faisait le plus grand prix.Souvent aussi elle bondissait en lair, et dansait pendantquelle parlait, et peut-être aussi que la dans cétait salangue véritable. Mais alors mon cœur dansait avec elle,et exécutait les pas les plus difficiles, et déployait untalent chorégraphique tel que je ne len eusse jamaissoupçonné. Cest ainsi que Francesca raconta lhistoire del'abbate Cecco, jeune garçon quelle avait aimé quandelle tressait encore des chapeaux de paille dans le valdArno, et elle massura que javais le bonheur de luiressembler. Elle fit en même temps la pantomime laplus tendre, pressa lun après lautre, sur son cœur, lebout de chacun de ses doigts, sembla en puiser, avec samain recourbée, les sentiments les plus passionnés, sejeta ensuite à pleine poitrine sur le sofa, cacha sonvisage dans les coussins, et, dressant derrière elle lespointes de ses pieds, les fit agir comme des marion-nettes. Le pied bleu représentait labbate Cecco, et lerouge la pauvre Francesca; et, parodiant sa proprehistoire, elle fit faire aux deux pieds amoureux detendres adieux, et cétait chose touchante et extrava-