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2 (1861)
Entstehung
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144
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

lesquels flottait un sein énorme et cramoisi comme unevéritable mer-Rouge.

Vous êtes Allemand? me dit-elle.

Je suis trop homme de probité pour le nier, signora,répondis-je.

Hélas! les Allemands sont suffisamment probes,dit-elle avec un soupir; mais à quoi sert que les gens aient dela probité, sils nous volent ! Ils ruinent lItalie. Mes meil-leurs amis sont en prison à Milan; rien quesclavage...

Non, non! sécria le marquis; ne vous plaignezpas des Allemands : nous sommes des conquérantsconquis, des vainqueurs vaincus aussitôt que nous arri-vons en Italie ; et vous voir, signora, vous voir et tomberà vos pieds, ne sont quun... Puis, après avoir étalé sonmouchoir de soie jaune, et sêtre agenouillé dessus, ilajouta : Je me mets ici à vos genoux, et vous rendshommage au nom de toute lAllemagne.

Cristoforo di Gumpelino, dit avec un soupir lan-guissant la signora, levez-vous et embrassez-moi.

Mais pour que ce tendre berger ne dérangeât pas lacoiffure et le fard de sa belle, celle-ci ne le baisa pas surses lèvres brûlantes, mais sur son front gracieux, desorte que le visage plongea plus bas, et que le nez, gou-vernail de ce visage, rama dans la mer Rouge.

Signor Bartolo, mécriai-je, permeltez-moi de meservir aussi du crachoir.

Signor Bartolo sourit tristement, mais sans dire un